J'avoue, j'avoue, j'avoue ! Je ne connaissais pas Clare Burson avant de jeter une oreille, d'abord distraite puis totalement conquise, à son troisième album Silver and Ash qui vient tout juste de sortir. Pour ma défense, on ne parle pas beaucoup d'elle, ce qui est bien dommage. Ceux qui en parlent tout de même sont unanimes Clare Burson est une artiste essentielle pour quiconque aimant les musiques dîtes traditionnelles (ici folk et americana) remises au goût du jour avec talent. Et je ne peux que me joindre à leur avis. Cet album en particulier possède une véritable histoire que, j'espère, la curiosité vous poussera à découvrir.
Une chanson originale et cinq reprises composent le sublime EP de Linda BrunerSongs For A Friend sorti cette année. Ce fameux EP a été enregistré à la fin des années 60 par Linda et son prof de guitare Jim Krein (Pisces). Une magnifique "home session" enregistrée en une prise qui a le don de nous ramener directement à l'époque de l'enregistrement. Linda Bruner a une voix absolument incroyable. Je vous propose d'écouter sa bouleversante version de Don't Let Me Down :
Sandra Sarra a beaucoup de talent, et même si on ne parle pas encore beaucoup d'elle pour l'instant, je suis sûr que ça viendra. Comment ne pas avoir envie de faire découvrir cette chanteuse qui a récemment sortie son tout premier album Daisy Walks (2010). Ce disque est un petit bijou country-folk dont la plupart des morceaux ne sont composés que de la voix et de la guitare de la chanteuse.
Le quatrième billet dans la série des rédacteurs invités vous est proposé par Fritz. Il a eu envie de vous parler d'Hollie Smith, j'espère que cette découverte sera aussi belle pour vous qu'elle le fut pour moi.
Contrairement à son pays voisin, l’Australie, qui constitue une véritable manne d’artistes émergents, la Nouvelle-Zélande est un petit pays étant plus reconnue pour ses moutons, ses paysages à couper le souffle et le Seigneur des anneaux, que pour sa scène musicale florissante. Une jeune femme de 27 ans, Hollie Smith, pourrait bien remédier à tout cela. Originaire d’Auckland et arborant fièrement sur ses bras ses origines Maori et Apache, Hollie Smith découvrit la musique à l’âge de 6 ans lorsqu’elle trouva dans les affaires de ses parents une vidéo de James Brown. La petite Hollie, obnubilée, se mit à l’écouter chaque jour pendant 3 ans et fit part à ses parents de son désir d’être une chanteuse noire ! Elle fit ses débuts dans des chorales de sa paroisse, les chants religieux étant partie intégrante de la culture maorie et elle se rendit rapidement compte qu’elle chantait plus fort que les autres enfants de la chorale. Dès l’âge de 14 ans elle commença à chanter dans des groupes et se fit remarquer à 16 ans par la sortie d’un album de musique celtique Light From a Distant Shore, produit par son beau-père, qui lui valu le prix de la meilleure chanteuse au festival de Jazz National de Nouvelle-Zélande. Après avoir fait ses classes avec le groupe reggae-soul Trinity Roots, en tant que choriste, elle décide de créer ses propres compositions et sort en 2005 un EP de 5 pistes Hollie Smith EP qui sera suivi l’année suivante par son premier album Long Player. L’album deviendra double platine en Nouvelle-Zélande, propulsé par la notoriété que lui value sa participation à la trame sonore du film néo-zélandais, No. 2, dont la chanson Bathe in the river passa plus de 5 mois dans le top 10 de son pays. Par la suite, elle fut approchée par le prestigieux label Blue Note pour la distribution internationale de son album mais décide de signer avec Manhattan records, une filiale de Blue Note, afin de conserver son indépendance artistique. Malheureusement, suite aux déboires que connaissent actuellement EMI, les nouveaux dirigeants de Blue Note décidèrent que la distribution d’artistes internationaux n’était plus une priorité et résilièrent le contrat, qui plus est, elle dû racheter les droits de son matériel, ce qui la laissa sans un sou. Souffrant de dépression et de dépendance à l’alcool, c’est l’écriture de son nouvel opus, Humour and the Misfortune of Others, sorti au printemps 2010, qui l’aida à sortir de ce très noir épisode de sa vie.
N’ayant pas encore eu la chance de mettre la main sur ce dernier album, je vous parlerai de Long Player. Écrit et produit par Hollie, la réalisation est impeccable, surtout sur l’édition Spéciale de Long Player qui bénéficie de la production de James Poyser (Jill Scott, Erykah Badu, Al Green) sur 3 pistes enregistrées à Philadelphie. Cet album est un savant mélange de soul, de funk et de gospel, où l’on retrouve les nombreuses influences musicales d’Hollie, soit Ray Charles, Stevie Wonder, Ella Fitzerald et surtout James Brown. J’ai rarement entendu une voix aussi puissante, sincère et bouleversante et j’ai littéralement la chaire de poule en l’écoutant. Elle a ce don d’imprégner chacune de ses compositions d’un léger voile de mélancolie. C’est la voix d’une vieille âme, d’une vieille femme noire ayant durement vécue qui habite littéralement toute ses prestations et l’on sent que la jeune dame ne gratte encore que la surface de son immense talent. Un incontournable pour tous les amateurs de superbes voix et de soul.
I Will Do extrait de Long Player :
Mamma extrait de Humour And The Misfortune Of Others :
Si je vous dit "piano" et "Russie", me connaissant vous me répondrez sans hésiter Regina Spektor, par contre si je vous dis "ukulele" et "Mother Of Pearl" c'est plus certainement Nellie McKay qui vous viendra à l'esprit. Mais alors que ce passe t'il si j'associe c'est quatre mots-clés ? Vous séchez ?, et bien il se passe une bien belle découverte de la jeune pianiste russe Rita Popova dont la toute première demo s'intitule Mother-Of-Pearl (2010). Cela fait deux ans que Rita joue sous le pseudo Chaos In Heathrow une musique piano cabaret agrémentée de ukulele. Je n'ai qu'une chose à dire : j'ai vraiment très envie d'en entendre plus !
Donc, comme beaucoup de ceux d'entre vous qui connaissent déjà Agnes Obel, je l'ai découverte grâce à Sabine et son indispensable duo de blog With Music In My Mind et La Suite. Le premier EP d'Agnes (Riverside - 2010) était un peu trop frustrant pour moi, trop court pour découvrir réellement l'artiste danoise, je l'avais donc mise de coté quelque temps. Et forcément dès que j'ai eu l'occasion d'écouter son premier album Philharmonics (2010) je me suis jeté dessus, et elle ne m'a pas déçu. Cet album est un véritable délice. En attendant le 4/10 pour la sortie de Philharmonics (au moins chez nous), je vous propose d'écouter l'entêtant morceau Riverside qui figure sur l'EP et l'album :
Juste parce que je trouve cette chanson magnifique, et puis ça reste une bonne occasion de découvrir les sœurs jumelles Bowman. Sarah et Claire Bowman aiment les harmonies et moi aussi. Après deux albums (dont Far From Home - 2006 qui s'ouvre par On The Road), les sœurs ont récemment décidé d'enregistrer un album live qui devrait sortir cet automne. Sarah quant à elle vient d'enregistrer son deuxième album solo, autrement dit il y a de forte chance que je vous reparle d'elles très bientôt. En attendant on écoute le parfait On The Road par The Bowmans :
J'ai hésité un peu, je voulais la garder juste pour moi, mais je me suis finalement dit que se serait criminel de ne pas vous en parler. Cela fait environ treize ans qu'Amy Annelle enregistre soit sous son propre nom, soit avec le groupe The Places, sans compter de très nombreuses collaborations, j'étais pourtant passé à côté, ne me doutant pas une seule seconde de ce que je manquais. Jusqu'au jour où j'ai lancé la lecture de The Cimarron Banks (2010) sans trop savoir à quoi m'attendre, dans ce cas les surprises n'en sont que plus belles. Amy Annelle est une songwriter incroyable et a un sens inné du folk et de l'americana. Et cette voix !
Nika Roza Danilova a fait parler d'elle un peu plus tôt dans l'année avec la sortie de son Stridulum EP. Ce mois-ci Zola Jesus est déjà de retour avec Stridulum II, le même EP sorti précédemment augmenté de trois morceaux, trois inédits qui en font un album d'une excellente qualité, son chemin depuis ses premiers enregistrements en 2008 est remarquable, et je ne doute pas qu'elle continuera comme ça encore longtemps.
J'adore cette chanson, je pourrais l'écouter en boucle toute la journée, d'ailleurs c'est ce que je vais faire. Little Face est disponible sur le premier EP de Adron : Budworld (2009). Cet EP est généreusement distribué sur la page Muxtape d'Adrienne McCann. Adrienne avait précédemment sorti son premier album Adron en 2008, celui-ci est payant mais il en vaut le coût.
C'est d'Allemagne que nous viennent Deniz Cicek et Robert Heitmann et la musique minimaliste de Kraków Loves Adana. Ils ont sorti leur premier album Beauty en juillet 2010, la voix de Deniz se mêle à la guitare de Robert pour créer un univers assez particulier, un peu sombre, envoûtant. La voix de la chanteuse est particulièrement intéressante, mystérieuse.
J'ai découvert Billy The Kid grâce à la photographe Jennifer Picard, et plus particulièrement via le cliché que vous trouverez ici. La curiosité m'a poussé jusqu'à son site où j'ai entendu pour la première fois son single These City Lights. Cette chanson m'est resté en tête un moment, jusqu'à ce que je me décide à en écouter plus. Je n'ai pas été déçu, Billy Pettinger a beaucoup de talent, à la guitare, à l'écriture et au chant bien sûr. The Lost Cause est sorti fin 2008, cette année est sorti un album live et elle a enregistré plusieurs albums avec son groupe Billy and the Lost Boys.
Aujourd'hui cela fait quatre mois que The Nameless est sorti, je n'ai pas encore vu une seule chronique française de cet album que je pense être un immanquable de cette année. Oui bon je sais que Sabine nous en fera une bientôt, aucun doute après sa double chronique des deux premiers albums de Cathy Davey. Immanquable parce que de la pop intelligente il n'y en a pas tant que ça, et il ne faut pas hésiter à en parler. Surtout que j'ai plus l'habitude d'en trouver en Australie qu'en Irlande bien plus productive en folk. The Nameless est son troisième album, sans difficulté son meilleur, tout en restant dans la continuité des ses débuts Cathy Davey évolue sur son petit chemin et n'attend que vous pour la suivre.
Erinn Willliams est le genre d'artiste qui est capable de nous surprendre à chaque chanson. Passant facilement du folk à l'electro et expérimentant toutes les variations possible entre ces deux genres elle bénéficie en plus d'une formation de chanteuse de chanteuse lyrique qui lui permet de faire à peu prés tout ce qu'elle veut vocalement. Je vous propose de la découvrir avec les deux premières pistes de ses deux derniers disques Summertime Songs et Winter Warmers, sortit avant l'été :
Erin est en tournée en Europe pendant un mois, la voir sur scène doit être une expérience inoubliable.