Vyvienne Long est connue pour être la violoncelliste de Damien Rice, album et tournée mondiale lui ont permis d'acquérir de l'expérience. Maintenant, tout doucement, elle commence à faire sa place en tant qu'artiste solo. Après un premier EP (Birdtalk - 2006), on attends un premier album. En attendant je vous propose d'écouter Never Leave You tiré de son premier EP.
Un titre inédit d'Ani DiFranco que l'on ne présente plus. La chanson s'appelle Promiscuity et elle a été enregistré le 4 mars 2009 dans un des studio de la radio WNRN.
Elle s’appelle Jenny, elle est américaine et je me demande vraiment si Jenny Jenkins est son vrai nom. Si c’est le cas, soit ses parents avaient de l’humour, soit ils la prédisposaient à faire de la musique. Si vous vous demandez d’où vient cette remarque, je dirais juste que Jenny Jenkins est le titre d’une chanson traditionnelle du folklore américain (un petit clic ici pour voir une merveilleuse version par Pete Seeger et Jean Ritchie). Mais revenons-en à Jenny Jenkins et son ukulélé. Jenny joue du ukulélé et chante dans différents groupes (SuperDuo, Encyclopedia of Fun...) depuis une dizaine d'année, disposant d'une forte notoriété à Olympia WA, elle finit par enregistrer ses propres albums. Après un premier disque autoproduit et très peu diffusé, elle enregistre Oventoucher, qui est vraiment sous-estimé. Passé l'aspect simpliste des chansons uke/voix, on arrive enfin au textes délicieux, drôles, directs. Les titres s'enchaînent presque sans que l'on s'en apercevoir, les morceaux sont courts (17 pistes pour 37 minutes) mais ne donnent pas l'impression d'avoir été coupés ou de n'être pas fini. Conseillé à ceux qui aiment Kimya Dawson, le ukulélé et les textes drôles et ironiques.
Bess Rogers est d’une régularité exemplaire, son premier EP sort en 2003, le second en 2005, son premier album suit en 2007 et nous voici donc en 2009 et voilà enfin son … troisième EP !, ah bon, pas d’album, ok. Bon il faut bien avouer qu’entre le groupe The Age Of Rockets dont elle fait partie et ses amies Jenny Owen Youngs et Ingrid Michaelson qui lui demande de jouer de la guitare pour elles, elle est bien occupée. En attendant de pouvoir se procurer son nouvel EP, je vous propose d’écouter le titre You And Me issu de son premier album Decisions Based on Information.
Je ne sais pas quoi penser du cinquième (ou troisième, tout dépend ceux que l’on compte) album studio de Neko Case : Middle Cyclone (2009). J’ai toujours aimé sa façon d’assumer sa musique, mais j’ai tendance à trouver cet album fade, et ce malgré toutes les louanges qui lui ont été faites. Puis je suis tombé sur ce live, enregistré le 25 janvier 2009, soit peu avant la sortie de l’album. Et là j’ai compris, cet album qui est né lors de ses concerts, est fait pour être joué sur scène. On la retrouve donc ici accompagné seulement du guitariste Paul Rigby et de la choriste Kelly Hogan.
Edit : J'ai modifié la playlist en attendant de comprendre ce qui se passe avec Deezer. Edit 2 : il est possible de télécharger ce live librement en haute qualité ici.
Elle s’appelle Sanne Putseys, elle a bientôt 20 ans, elle est belge et si vous n’aimez pas Duffy et autres Amy Winehouse, vous pouvez passer votre chemin, non, restez en fait car Selah Sue à bien plus de talent que ses prédécesseurs. Avec sa voix soul incroyable, son rythme reggae et le groove qu'elle distille dans chacune de ses compositions, je ne serais pas étonné que Selah connaisse un beau succès, avec à mon avis une condition, qu’elle s’éloigne un peu des modèles du genre pour ne pas être seulement une chanteuse soul de plus. Ce n’est pas encore gagné puisqu’en plus de ses quelques (beau) textes, elle reprend régulièrement des titres d’Amy et de Duffy, mais avec talent, je vous propose d’ailleurs de bien écouter (et regarder) cette reprise de Mercy où elle est accompagnée par le groupe Triggerfinger et où le contrepoint de la voix de Ruben Block à celle de Selah en fait certainement la meilleure version de cette chanson que j’ai pu entendre. Son premier EP Black Part Love est sorti il y a quatre mois, et il est à ce jour (il me semble) seulement disponible lors de ses concerts.
Je n’ai jamais eu l’occasion de vous le dire, mais j’ai adoré le premier album de Jenny Owen Youngs (Batten The Hatches - 2005), donc hier quand j’ai vu qu’une première chanson de son nouvel album était sortie, je me suis jeté dessus, plein d’attentes. Peut être que j’avais trop d’attentes justement, au final ce titre ne me convainc pas vraiment, c’est bien, mais je sais qu’elle peut faire beaucoup mieux. Je vous laisse l’écouter et me dire ce que vous en pensez. Led To The Sea extrait de l’album Transmitter Failure à paraître prochainement.
Nina Kinert est suédoise (et oui encore une), elle joue du piano et de la guitare, à 25 ans, Nina a déjà quatre albums à son actif. Elle est actuellement en tournée en Europe, elle fait les premières parties d’Anna Ternheim et d’Ane Brun. Elle sera à Paris le 16 avril et à Grenoble le 17, à ne pas manquer. Et pour vous donner un petit aperçu, voici I Shot My Man en live, tiré de son album Pets & Friends (2008).
Elle s’appelle Kristin Erickson, elle a 31 ans, elle est américaine et elle est plus connue par les passionnés de musique electronica sous le nom de Kevin Blechdom. Bon jusqu’à maintenant, sa discographie était plutôt difficile d’accès, bien que disposant d’une bonne culture musicale et d’un talent évident pour le mélange des genres, ses délires étaient parfois un peu difficiles à suivre. Puis enfin, en ce début d’année sort un album que j’arrive à écouter de la première à la dernière piste sans faire de pause (bon ok cet album n’a que 10 pistes contrairement au dernier qui en comptait 17). Ce cinquième album s’appelle Gentlemania, enregistré à Paris et à Berlin, il oscille entre le piano-cabaret (avec un petit coté Amanda Palmer) et la country-bluegrass que l’on trouvait déjà dans ses réalisations précédentes. Sa musique est à prendre au deuxième… troisième… vingtième degré, un délire mélodique qui me donne envie de replonger son œuvre. Et puisqu’on en parle, il est possible de télécharger tous ses anciens disques gratuitement et légalement sur son site, on peut aussi les écouter en ligne, donc pourquoi s’en priver ?
Rosi Golan a sorti à la fin de l’année dernière son premier opus intitulé The Drifter And The Gipsy. Ce disque qui est un délice pour les oreilles a fait l’unanimité dans les blogs de bon goût. On écoute C’est l’amour et on remercie Saab sans qui ce billet n’aurait pas existé.
Sofia Talvik est dans la liste des "il faut que j’en parle sur mon blog" depuis un bout de temps, le problème est qu’elles sont nombreuses dans cette liste. Manquant cruellement de temps pour vous faire la petite description habituelle, je vous propose simplement une petite vidéo, le clip de sa chanson Clown que vous pouvez écouter dans son album Jonestown.
Real Love est une chanson écrite par John Lennon en 1979. La chanson est restée longtemps dans les cartons avant de ressortir une première fois en 1988 dans le documentaire Imagine: John Lennon. En 1995 le trio restant retravailla la chanson qui se retrouva en première piste de l’Anthology 2 sorti l’année suivante. En 2007 Regina Spektor enregistra cette chanson pour Amnesty International et son album hommage à John Lennon intitulé Instant Karma. Elle joua ensuite régulièrement cette chanson lors de ses concerts. On écoute la version de 1995 par les "Beatles" puis la version de Regina. Pour ceux qui souhaitent entendre la version par John c’est ici. Dernière info, le nouvel album de Regina a été annoncé pour juin, je ne sais pas si je tiendrais aussi longtemps.
Elle s’appelle Allison, elle va avoir 22 ans (le 13 avril pour lui offrir un cadeau, c’est ici) elle est américaine et je remercie CTN MUSIC pour cette découverte. Allison est une hyper active, en plus d’écrire ses textes, composer sa musique et la jouer partout où elle peut, elle fait des études d’art graphique, de la photographie, des courts métrages (très drôle d’ailleurs :-) ). Allison a quatre albums à son actif, le premier "An Eight-Song Tribute To Feeling Bad & Feeling Better" (acoustique) date de 2007, suivent deux "mixtape" (une pour l’hiver et une pour l’été) et son dernier opus Allison Weiss & The Way She Likes It (avec son groupe) sorti en 2008. De la bonne musique évoluant entre la folk lo-fi et la pop. Et comme Allison est une fille plutôt sympa, elle vous propose de télécharger gratuitement et légalement son premier album live acoustique (Live at Sidewalk NYC) en cliquant ici.
Marit Larsen est une chanteuse pop norvégienne issue du duo (tout aussi pop) M2M. En 2006 Marit sort un premier album solo intitulé Under The Surface, un véritable succès dans ses froides contrés. En 2008 elle retrouve le même succès grâce au disque The Chase. Elle est actuellement en tournée en France (pour la première partie de Jason Mraz) les dates sont sur sa page MySpace. On écoute Recent illusion tiré de son premier opus.
Elle s’appelle Ruth, elle a 26 ans, elle est anglaise et des fois je me dis que je vous gâte trop. Mais bon je ne peux pas m’empêcher de partager toutes ces artistes tellement exceptionnelles. Que dire sur cette surprenante artiste ? Ruth sait aussi bien se servir de sa guitare que de ses mots, et elle ne s’en prive pas. Un rythme entraînant, un phrasé incroyable et des textes singuliers et engagés (je sais le terme peut paraître surfait, mais elle fait clairement de la "Protest Song"). L’écoute du premier album de Ruth Worm Food (2007) se révèle être une véritable expérience dont on ressort avec un regard nouveau sur l'univers musical. Avec une artiste pareil, on sait que la musique folk n’est pas morte. Le clip ci-dessous est issu d’une séance de répétition pour l’enregistrement de son nouvel album, malheureusement il n’y a pas encore de date annoncée.
Astrid Swan est une pianiste/chanteuse finlandaise très marquée par la culture anglo-américaine. Son premier album Poverina est sortit en 2005 en Finlande et a bénéficié d’une sortie américaine en 2007 (en écoute ici). Son second disque Spartan Picnic est sorti en 2008. Elle est aussi connue pour sa reprise acoustique du titre When You Were Young du groupe The Killers (que vous trouverez ici). On la trouve enfin dans le projet Treeball dont le quatrième album est disponible gratuitement sur leur site. On écoute Spartan Picnic extrait de l’album du même nom. (Pour ceux qui se poseraient la question, le texte est inspiré du poème Daddy de Sylvia Plath)
Je passerais sur la description de l'artiste aujourd'hui sachant qu'on a déjà beaucoup parlé d'elle (comparativement à ce qu'elle a fait), et parce qu'on parlera encore beaucoup d'elle lorsque son premier album sortira. J'ai juste envie de vous dire que mon titre préféré sur son MySpace est Obsessions, et ça tombe plutôt bien car le clip est très sympa.
Grosse nouveauté pour moi, en effet aujourd'hui ce n'est pas un des mes articles que vous lirez, mais celui de Sorel qui a eu envie de partager sa passion pour Musica Nuda et sa charismatique chanteuse Petra Magoni.
Article paru le 12/03/09, mis à jour le 30/05/09. Le mot de l'auteur : "Voici une nouvelle version de mon article sur Musica nuda, j'insiste un peu plus sur la manière dont ils peuvent se présenter à moi comme moderne, sur la manière dont ils peuvent réunir modernité et musique classique, leur humour; je rends également honneur au second élément, indispensable, du duo, le contrebassiste virtuose Ferruccio Spinetti"
Écouter un artiste sur scène prend une autre dimension et c’était bien le cas avec elle qui donnait l’impression de réaliser une véritable performance vocale, en plus qu’elle offrait un bon contact avec le public. Elle se montrait amusante, énergique, séduisante aussi il faut le dire. Cela ne me semble pas ou plus très original d'associer l'aptitude au chant à l'aptitude à la sensualité, mais cette chanteuse me semble bien illustrer cette idée au regard de l'étrange érotisme qu'elle dégageait sur scène. J’aimais bien l’aspect presque a capella de sa prestation, n’était la présence de la contrebasse et la façon dont elle s’investissait dans ce qu’elle chantait, la manière presque physique avec laquelle elle chantait, cliché mis à part. Ses vocalises, les jeux vocaux qu’elle faisait m’évoquaient un peu la chanteuse Camille aussi, mais bon cela ne regarde que moi. Elle chantait avec une vibrante intensité, pouvant se montrer à la fois émouvante, envoutante aussi, ou bien tonique, et ne manquait pas d’humour. C'est en cela que pourrait se présenter la « néo pop », un réinvestissement des grands tubes, mais d'une certaine manière en suivant le processus inverse de la chanson pop moderne et en revenant à une épure, à un rapport des plus simples, des plus immédiats à la musique, à l'instrument. Musica nuda nous fait saisir l'éminente musicalité du silence, le silence sur lequel se pose les sons lourds de la contrebasse, le silence d'où s'élève cette voix stellaire. On peut être saisi par ce mélange entre le rapport très simple au public, juste celui d'une voix avec les sons graves de la contrebasse et la manière dont elle peut aussi susciter l'enthousiasme du public avec une énergie et une attitude de rock star, comme est originale également l'intrusion de vocalises de la part d'une chanteuse lyrique de formation (celle qui peut chanter Amarilli ou Lascia ch'io pianga) dans un son pop tonique servie avec l'énergie d'une rockeuse, celle que sait donner une jeune femme contemporaine et imprégnée de la culture pop.
On constate une évolution chez elle également, une évolution en assez peu de temps d'ailleurs. La chanteuse que j'ai vue sur le DVD de 2006 par exemple n'est pas la même que celle que j'ai eu la chance de voir se produire sur scène à Boulogne. La première est plus sage, presque timide peut-être. La deuxième est plus excentrique dans sa tenue et sa coupe de cheveux comme elle est plus relâchée sur scène. Elle n'hésite pas à se laisser porter par son instinct et à adopter n'importe quelle position sur scène, parfois pliée en deux. Le spectateur remarque les contorsions ou même les convulsions de sa silhouette gracile, sinon efflanquée. Oubliant les préceptes d'une conventionnelle élégance, elle est, par là élégante, parce que faisant corps avec sa musique.
Un des aspects de la néo pop serait donc justement d'explorer l'en deçà du langage. Petra est une Artaud de la chanson. De la même manière que l'auteur du Théâtre et son double fustigeait l'hégémonie du langage dans la dramaturgie occidentale, Petra s'oppose au monopole des paroles dans la chanson, instaurant des respirations, des bruits vocaux de toutes sortes qu'il est difficile de qualifier. Voilà pourquoi il s'agit de renverser un processus puisque la pop est justement le signe de la culture musicale moderne là où ce que cette néo pop proposerait serait à un retour à un rapport instinctif, primaire à la musique. Déstructurant l'original, les reprises de ce duo sont de véritables créations, inspirées. Au début de la chanson de Come together à Milan, elle se penche sur la contrebasse, s'amuse à la frotter comme un homme, ou une femme, préhistorique qui découvrirait un nouvel objet et l'expérimenterait. Comme elle sait aussi se lancer dans des sortes de danses tribales, où elle semble comme défier cette contrebasse. Réécoutez la version des Beatles et vous aurez l'impression qu'elle a mille ans. Les « quatre garçons dans le vent » ont l'air d'enfants de chœur à côté de la punk Petra. Punk parce que sauvage, agressive, bestiale dans sa manière d'attaquer la chanson, de mordre dans le micro. Elle a d'ailleurs laissé de côté le sage chignon et la presque sobre petite robe rouge pour une coiffure un peu particulière, une sorte de frange associée à une queue de cheval, une tenue extravagante, un top bleu avec une jupe et des bottes dorées, l'ensemble ayant un aspect peut-être un peu punk. Sa manière de se tenir participe également à lui donner un côté un peu ado.
Elle peut chanter parfois avec l'agressivité soul d'une Tina Turner par exemple comme dans Nature boy où cohabitent à la fin de la chanson une soul rageuse et d'inspirées vocalises un peu délirantes. Dans cette chanson règne une certaine atmosphère à la fois mystérieuse et peut-être légèrement inquiétante dans la mesure où cette rencontre avec le « nature boy » qui révèle une vérité fondamentale a quelque chose de crucial et d'un peu surnaturel. Petra commence doucement pour progressivement révéler la « panthère » qui se trouve en elle. Rock et musique classique se réunissent de manière toute légitime dans l'expression de l'intensité des émotions, de la violence des passions. Cette chanteuse tient à la fois de la diva de l'opéra et de la rock star.
Musica nuda, imposant leur univers musical mélangé va au-delà des frontières entre genres musicaux, dépoussière les standards de la pop, du jazz, de la chanson italienne et française. L'interprétation est création pour l'artiste Petra Magoni.
Dans Sacrifice, Petra propose une voix qui est comme un souffle au départ pour ensuite se présenter comme un peu voilée, cassée, chargée d'émotion, une voix qui est toute l'essence de la soul. Dans cette chanson à l'ambiance intimiste, la jeune femme d'origine toscane peut donner l'impression d'une chanteuse qui nous ferait part de ses déboires amoureux dans un bar au fin fond de l'Amérique. La voix semble parfois comme chargée de sanglots.
Petra est en fait poignante dans le rapport viscéral qu'elle semble entretenir avec la musique aussi bien dans les chansons apparemment davantage portées vers l'énergie que l'émotion Come together mais à laquelle elle semble se donner comme si sa vie en dépendait que dans une chanson comme Guarda che luna.
Guarda che luna est une chanson de 1959, un standard d'une sorte de crooner italien Fred Buscaglione que revisite l'ouragan Petra Magoni. À certains moments de la chanson, on peut avoir le sentiment de sons qui heurtent l'oreille, de sons même dysharmonieux mais que l'on ne dénigre pas parce que comme elle le dit dans une interview elle laisse parfois le dessus à l'émotion sur la technique. Elle peut ainsi pour exprimer une émotion risquer de produire une interprétation imparfaite techniquement. Dans la chanson Guarda che luna, en particulier dans le concert à Paris en mars 2006 elle peut faire penser au personnage de Phèdre dans la pièce éponyme de Racine dans l'évocation des tourments de la passion amoureuse « folle d'amore vorrei morire ». La chanson peut donner l'impression d'avoir la même valeur cathartique que les tragédies classiques. En tout cas, si cette chanson n'en permet pas l'expurgation, elle brasse les passions à l'instar de la tragédie, la passion amoureuse en particulier. La chanson me semble pouvoir réveiller les émotions les plus vives chez le spectateur, « prendre aux tripes » pour le dire trivialement. Par son jeu scénique elle peut même évoquer par exemple la prestation de Dominique Blanc dans la mise en scène de Phèdre par Patrice Cherreau par le travail sur le corps, l'évocation d'un corps supplicié par la passion amoureuse. On peut être sensible ainsi à la suffocation intervenant au milieu de la chanson, un autre exemple de cette expression verbale périphérique aux paroles. À d'autres moments de la chanson, les mots semblent danser dans sa bouche pour évoquer cette fois la tendresse manifestée par l'amoureuse. « De la musique avant toute chose », les mots semblent davantage évoquer par leur rythme que par leur signification qui de toute manière échappe aux non-italianisants. L'espèce de cri final, ce « cri de chair » selon une formule cioranienne apparaît comme l'expression de ce que les paroles ont été le long de la chanson impuissantes à dire.
On pourrait continuer la comparaison avec Artaud en parlant de « musique de la cruauté », en tout cas Musica nuda sait créer il est vrai une certaine atmosphère dans leur chanson qui peut être inquiétante si l'on veut, en rapport avec des émotions profondes à vrai dire. Le duo ne propose pas une musique de consommation. Petra est presque une sorte de « performeuse » qui engage son être sur la scène, ce que l'on peut sentir par exemple dans un passage de Prendila cosi où elle se laisse emporter vers la fin de la chanson dans une suite de vocalises, une série de montées à l'octave qui sont plus généralement une des marques de son chant et qui sont plus présents dans la version du DVD datant de 2006 que dans le CD enregistré en studio et qui date de 2004, une preuve que ainsi qu'ils le disent ils chantent bien souvent d'une manière différente et preuve aussi d'une évolution des mêmes titres au cours de leur carrière. Le génie interprète de Petra Magoni apparaît dans ce genre d'improvisations. Ce sont justement ces montées à l'octave qui sont plus présentes avec le temps, dans les versions les plus récentes de différents titres, c'est le cas de Prendila cosi donc, de I will survive, ou encore de Nature boy, la liste n'étant pas exhaustive. La version milan 2008 de Come together apparaît même comme une sorte de feu d'artifice de ce point de vue, j'aime bien mais certains pourraient trouver que c'est trop. Prendila cosi s'achève par le chuchotement répété du titre de la chanson, on est là encore tout au long du morceau à mille lieux du standard italien de Battisti qui est complétement revisité. Ces chansons italiennes qui sont parfois des standards des années 60-70 ne nous sont pas tous forcément connus de ce coté-ci des Alpes et peuvent parfois nous amuser, selon moi, avoir un aspect un peu kitch. Et c'est tout l'art de Musica nuda d'en faire quelque chose de novateur, c'est toute la virtuosité du contrebassiste Ferrucio Spinetti qui est à souligner, lui qui sait aussi bien alterner le jeu avec les doigt seulement en contact avec les cordes, en pizzicato ou avec l'archet et faire d'admirables solos que s'effacer à d'autres moments pour laisser s'exprimer la seule voix de sa comparse. Le chant de cette dernière est l'émotion à l'état pur qui touche parfois aux tréfonds de l'être, aux entrailles, dans une sorte de déchirure comme dans un passage de Io sono meta.
Dans Another brick in the wall, de nouveau au stade de Palasharp à Milan, Musica nuda installe une atmosphère particulière que je qualifierais de futuriste. On a comme l'impression de se situer autour d'une quelconque apocalypse, avant ou après. C'est le côté punk de cette chanteuse qui ressort dans cette chanson où dans un accoutrement improbable elle exprime une révolte viscérale. On peut avoir le sentiment d'une certaine alchimie avec le public, lorsque, encouragée par les spectateurs, elle poursuit ces suraiguës qu'elle semble extirper du fond d'elle-même. Les paroles de la chanson de Pink Floyd prennent tout leur sens et même au delà.
Un élément à ne pas négliger dans ce duo est l'humour, la dérision, voire l'auto-dérision. Qu'elle se mette à parodier le grand standard qui gagna le prix de l'eurovision Non ho l'éta, ou qu'elle s'amuse à chanter sur un mode parodique de grands tubes disco comme Grease ou I never can say goodbye; ou encore que le doute plane entre expression au premier degré et ironie comme dans Splendido splendente : les jaillissements de cri.
L'auto-dérision est manifeste dans les dernières version de Guarda che luna où elle feint de pleurer de manière délibérément comique là où elle pourrait sembler davantage au premier degré dans l'interprétation antérieure de cette chanson. Peut-on y voir alors un aspect post-moderne de Musica nuda dans le sens qu'en donne Umberto Eco? Leur chanson évoque le topos de la passion amoureuse et la souffrance de l'amour non réalisé, c'est le premier degré; la modernité c'est d'ironiser là-dessus en jouant la comédie des larmes, ce que fait très bien Petra Magoni en quelque sorte dans la tradition de la comedia dell'arte; la post-modernité, c'est d'être sincère malgré tout dans l'expression de cette passion amoureuse dans l'expression à fleur de peau de cette souffrance dans ce cri final.
Dans une chanson comme Non andare via ou La pittrice di girasoli, elle pose une voix douce et mélancolique, poignante, sans oublier bien sûr les chants lyriques pré-cités. Polymorphe, insaisissable, il y a deux, trois, voire quatre ou plus chanteuses en elle. A-t-on vu jamais monstre au si doux visage? Rockeuse lyrique, tragédienne ou encore étonnante chanteuse disco, sa voix swingue ou se fait dolente, atteint des sommets d'aigus ou bien se montre rauque, profonde. Il me semble que l'« appareil » classique (contrebasse plus formation lyrique de la chanteuse) sert paradoxalement ici une musique hyper-moderne.
D'aucuns trouveraient peut-être qu'elle « en fait trop », que ce n'est pas assez « naturel » peut-être. Mais moi je pense que le jeu fait partie de la chanson, j'applaudis sa présence scénique et je la dirais avant tout habitée.
Elle s’appelle Clara, elle est autrichienne et c’est une histoire que l’on connaît bien ici, elle est tellement talentueuse que personne n’en parle. En 1999 Clara et sa sœur forme le groupe Alalie Lilt, qui enregistrera deux albums, Cyclopedia en 2002 et What Is Gone Doesn’t Necessarily Disappear en 2005. D’après ce que j’ai pu en lire, ce sont deux excellents albums. Puis en 2006, Clara décide de s’engager dans une carrière "solo" (oui les guillemets sont essentiels étant donné qu’elle enregistre et tourne avec cinq musicien(ne)s). Son premier album sort en 2006, intitulé Railroad Tracks, il lui permet de faire les premières parties de nombreux groupes. Dès 2007 sort son second album The Long Memory (que vous pouvez écouter ici) qui lui permet de se faire connaître et reconnaître (elle gagne un prix au Amadeus Austrian Music Award) en Autriche et en Allemagne. Textes, musique, sa voix, il n’y a rien à jeter, originale et authentique Clara fait de l’excellente musique sans se prendre au sérieux. Son troisième album The Ground Below sera disponible le 17 avril, je suis impatient.
Narrow Margin - Nutrition (live @ FM4 Soundpark Studio 2 by radioFM4)
Sortie de nulle part, voici Alysse Rich, oui bon d’accord pas vraiment de nulle part, je l’ai déniché le site très fouillis CBC Radio 3, dont je n’arrive pas à savoir si le but est de faire découvrir les jeunes artistes canadiens, ou bien de décourager ceux qui souhaiteraient les découvrir, grâce à un site particulièrement mal foutu. Ça c’est fait. Donc Alysse est quasiment invisible sur le net, difficile d’obtenir des informations sur cette canadienne. Je peux juste vous dire qu’en plus d’écrire et de chanter, elle joue de la guitare et du banjo, elle se produit parfois seule, parfois accompagné d’un groupe appelé Family Band. Le titre en écoute s’intitule Ancient History, elle y est accompagnée du fameux Family Band. Pour l’écouter en solo, rendez vous sur l’Internet Archive.
Elle s’appelle Emily, elle a 26 ans, elle est américaine et elle aime autant la musique électronique que le rap et la musique classique. Vous en connaissez beaucoup des enfants qui supplient leurs parents de les inscrire à des cours de violon, non ? Moi non plus, pourtant c’est bien ce qu’a fait Emily quand elle avait … trois ans. Bon c’est ce que dit sa biographie, donc je veux bien le croire. Emily faisait partie de ces enfants dit "prodige", très tôt les plus grands labels se battaient pour la faire signer. Mais ce n’est pas son genre de s’enchaîner dans les carcans de la musique formatée. En 2006 sort son premier vrai album (elle en avait déjà une dizaine a son actif autoproduit et très peu diffusé) intitulé Beautiful Sleepyhead And The Laughting Yaks, oscillant en country, folk et pop. Un album sublime. Puis en 2008 sort son second disque The Symphonies: Dreams Memories & Parties, une réconciliation entre les musiques symphonique et électronique. Une artiste éclectique et passionnée, à ne pas manquer.
Symphony 1 : In The Barrel Of A Gun (KRCL Performance by gr8dain74)
Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai toujours eu un petit faible pour The Corrs (faut dire que trois belles irlandaises…). Je ne pouvais donc pas faire cette semaine dédiée aux violonistes sans parler de Sharon Corr, qui a commencé à apprendre le violon à six ans alors que les cours était destinés à sa sœur Caroline. Elle joue aussi du piano (tout comme ses deux sœurs) et écrit une partie des chansons du groupes (celles qui ont le plus de succès en général). Cette vidéo est tirée du DVD Live at the Royal Albert Hall, le morceau s'intitule Haste To The Wedding et la première partie est un sublime solo de sharon. Et pour finir deux bonnes nouvelles, Sharon a prévu de sortir un album solo cette année et The Corrs devrait se reformer l’an prochain.
Parce que les Norvégiennes jouent aussi du violon, elles en ont même un bien particulier appelé Hardingfele (qui possède huit ou neuf cordes), je ne pouvais pas ne pas vous parler d’Annbjørg Lien. Elle a participé à une quinzaine d’albums, collaboratif, live ou solo, et elle a reçu de nombreux prix. Elle mélange souvent la musique traditionnelle norvégienne au jazz et au rock. Annbjørg joue du violon donc, de l’hardingfele et de la nyckeharpa (on en apprends des choses ici). Elle a eu l’honneur, avec son groupe Bukkene Bruse, de jouer pour la clôture des jeux olympiques de Lillehammer en 1994. On écoute Walking Strings issu de son album Waltz With Me, sorti en 2008.
Julia Fischer est une violoniste allemande, à seulement 25 ans, elle est considérée comme la violoniste la plus talentueuse et la plus accomplie actuellement en exercice. Elle est aussi la plus jeune professeure de l’université de Frankfurt. Elle a joué partout dans le monde, enregistré les pièces majeures des plus grands compositeurs, et elle joue aussi du piano, mais là elle semble plus timide et ne joue que très peu en public. En vidéo, Paganini et Bach par Julia Fischer, elle est juste impressionnante.
Un petit billet qui sort de la ligne éditoriale de mon blog, étant donné que j’ai lamentablement échoué dans la programmation (c’est pourtant simple, un billet par jour) de mon billet sur Anni Rossi. Il devait paraître aujourd’hui et non pas hier, en même temps que mon (petit) billet sur Elana James, qui a du passer inaperçue et que je vous conseil donc de (re) voir. Comme j’ai décidé de faire une semaine dédiée aux violonistes, j’en profite pour faire un petit rappel des violonistes que je vous ai déjà présenté. Elisabeth Maistre, plus connue sous le pseudo Babet est la violoniste du groupe Dionysos, je vous parlais d’elle à l’occasion de la sortie de son premier album solo Drôle d’oiseau. Il y eu ensuite Sophie Solomon qui a sorti son premier album Poison Sweet Madeira après avoir quitté le groupe Oi Va Voi. La violoniste des Cowboys Fringants, Marie-annick Lépine, sortie elle aussi un album solo, intitulé Au Bout Du Rang. La Texane Carrie Rodriguez a sorti l’an dernier son deuxième album She Ain’t Me et se dirige doucement mais sûrement vers une musique plus pop. Quant au groupe finlandais Acorn, quand ils jouent à cinq, ils se font accompagner par la violoniste Kukka Lehto. L’étonnante Annabelle Chvostek joue aussi bien du violon et de la mandoline que de la guitare. La chanteuse du groupe Skilla, Nina Christensen, est aussi la violoniste du groupe. Je ne pense pas en avoir oublier, mais si c’est le cas, je suis sûr que vous me le ferez savoir.
PS : Si vous regardez dans la colonne de droite, vous verrez un lien "Vos suggestions !" je vous invite à cliquer pour découvrir encore plus de musique ou alors partager vos découvertes.
Dans la grande famille du violon et de ses variantes, on trouve le violon électrique, son système d’amplification est identique à celui de la guitare électrique. Il est utilisé par Vanessa Mae, Emilie Autumn et Catherine Lara (entre autres). Mais revenons au violon classique.
Elana James est d’abord connue pour être le tiers féminin de The Hot Club Of Cowtown avec lequel elle a enregistré neuf albums. En 2007, elle enregistre un album sous son nom (Elana James), puis en 2008, The Hot Club Of Cotton se reforme. Elana a fait parti pendant quelque temps du "Touring Band" de Bob Dylan, il n’y a donc rien à ajouter. En écoute Twenty-Four Hours a Day, tiré de son album "solo".
Elle s’appelle Anni, elle a 23 ans, elle est américaine et elle joue du violon alto (la précision est importante). Son premier EP Afton (10/2008) fut pour moi une véritable découverte et un coup de cœur, je n’attendais qu’une chose, la sortie de son premier album. Rockwell sortira la semaine prochaine (09/03/2009), et je peux déjà vous le dire c’est un excellent disque. Anni a accompagné un temps Carla Bozulich, elle a fait les premières parties d’Electrelane et de Ting Tings. Elle a beaucoup tournée en Europe et possède déjà de nombreux fans. Sa musique est totalement originale et décalée. La seule comparaison possible pour ceux qui ont besoin de repère serait Joanna Newsom, pour sa voix unique est immédiatement reconnaissable et son utilisation non conventionnelle du violon. Elle peut être difficile à appréhender à la première écoute, alors n’hésitez pas à écouter plusieurs fois, vous ne pourrez plus vous en passer.
Une semaine à thème sur un blog à thème, et oui, je n’ai peur de rien. Le thème est un instrument constitué de 71 éléments collés ou assemblés entre eux. Ses quatre cordes peuvent être frottées ou pincées. Né dans les années 1520, toutes les cultures se le sont appropriées, mais c’est dans la musique classique et symphonique qu’il connaît ses heures de gloire. Vous l’avez reconnue, il s’agit bien évidemment du violon, mais intéressons-nous un peu au violoniste. Lili Haydn (ça ne s’invente pas), canadienne de 34 ans à commencée le violon à huit ans. Lili a participé à de nombreuses musiques de films, elle a accompagné Roger Waters et joué pour le True Colors Tour 2008. Lili a sorti trois albums en dix ans, le dernier intitulé Place Between Places est sorti en 2008 et le titre Children Of Babylon en est extrait.
Elle s’appelle Anya, elle est américaine et était la DJ matinale de la radio KBZT. Oui, oui, une DJ, elle s’est aussi essayé au cinéma, sans grand succès, mais ce n’est pas ce qui nous intéresse. En 2005 elle sort son premier opus Miss Halfway, rapidement remarqué, deux titres sont choisis pour compléter la BO de la série Grey’s Anatomy, ce qui aide toujours à ce faire connaître. Elle nous est revenue le mois dernier avec son nouvel album intitulé Slow & Steady Seduction: Phase II qui est simplement un excellent disque pop, comme je les aime. La voix sucrée d’Anya est délicatement posée sur une musique aux influences variées, de la bossa au rock. Certainement pas le disque de l’année, mais idéal à écouter pour se détendre, ou pour oublier le froid polaire de l’hiver.
Move You (Live)
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